angle art contemporain Paul Vergier
"L’oeil tombe"
Juillet-août 2007
Place des arts, Saint-Paul-Trois-Châteaux



Après plusieurs mois de fermeture en raison des travaux de réhabilitation, Angle art contemporain ouvre enfin ses portes en accueillant le peintre Paul Vergier. Né en 1976, l’artiste a fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Marseille où, en dépit de l’air du temps plutôt favorable à l’art vidéo et aux installations, il pratiquait déjà la peinture, son médium de prédilection. Une fois sa formation achevée en 2001, il s’est essentiellement consacré aux voyages et à l’étude des paysages catalans, corses ou encore suisses et allemands. Depuis 2005, après quatre années passées à Berlin, il est revenu vivre et travailler à Grignan dans le fief familial. Aussi à Angle art contemporain, pour sa première exposition personnelle importante, Paul Vergier a choisi de présenter plusieurs séries de toiles récentes (Paysages berlinois, Les serres, Les labours, Luna Park) qui témoignent de ses différentes approches du paysage. Bien que le nouvel espace incite à la promenade, le parti pris de son accrochage n’est en aucun cas d’offrir au visiteur une distraction ou l’occasion de prendre de l’exercice... Le regard du visiteur est conduit d’un tableau à un autre sans ordre chronologique ni aucune présentation purement thématique. Ce choix correspond d’ailleurs à sa pratique picturale puisque l’artiste peint plusieurs de ses ensembles en même temps.

A la croisée des regards

Les peintures de Paul Vergier ne sont pas « des images justes, mais ce sont juste des images » de paysages habités et transformés par des hommes qui n’apparaissent jamais. Parfois, le peintre nous égare dans des lieux comme la troublante série Luna Park, un parc d’attraction dont les manèges et les décors semblent figés à tout jamais. Il déchire les apparences de notre monde. Si dans les panneaux panoramiques berlinois, Les tas de terre (également titre d’une série peinte en 2005) envahissent les compositions et grignotent par leur présence le paysage de la ville, dans Les labours, nous sommes plongés dans les abîmes de la terre. Mais avant que L’œil tombe, titre de l’exposition d’après une citation du cinéaste Jean-Luc Godard, véritablement dans la terre, entre les deux, la série des Serres établit une sorte transition comme une surface en sommeil. C. B.-V.

 


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